Me voici avec le bon dieu en 2008. Drôle de façon d’aborder une nouvelle année me dirais-je si les deux dernières semaines n’avaient été si riches en aboutissement de réflexions existentielles.
Il serait long de faire le tour de ces fameux aboutissements, ici même, maintenant….mais j’ai confiance, qu’au fil des prochains articles, ces derniers feront surface tranquillement et se
dévoileront d’eux-mêmes sans que j’aie à les traquer…
Je vous livrerais, tout de même, ma plus grande découverte : être en couple et être heureux…aimer et être aimé sincèrement en retour…bâtir la vie en étant deux…«ça change pas le monde sauf que….»,
moi, ça transforme ma vie…
Bref, pour en revenir à dieu. (Notez ici la minuscule volontaire) J’ai déjà dit et je maintiens que je suis athée. Je crois que l’on naît et meurt comme le font les plantes et les étoiles. Je me
considère comme la particule d’un grand Tout biologique auquel j’appartiens et dans lequel je me fondrai à ma mort. Pas de paradis, pas d’enfer, pas de kharma…la cellule vers la cellule, une simple
transformation de la matière.
Cependant, fidèle à mes pérégrinations psycho-philosophiques, je me suis mise, un soir de lendemain de veille trop alcoolisé, à partir à la recherche de la joie pure en moi. Celle qui n’est pas
provoquée par un désir forcené d’avoir du plaisir à tout prix pour compenser le spleen inévitable de nos vies à cent à l’heure. La joie. Où se cache-t-elle donc, en moi, cette joie ? Et c’est là
qu’une vieille prière m’est revenue. Une sorte de bénédicité.
«Merci mon dieu pour…mon amoureux, mes amis, ma famille, les personnes magnifiques qui ont jalonné ma vie, mon chat, mon appart, mon jardin, ma santé, la bonne bouffe, l’art, le pays pacifique dans
lequel je vis….etc…»
Et j’ai pensé que cette «tradition» religieuse, que nous avons perdue, avait plein de bon sens au fond. Prendre le temps, chaque soir, de remercier dieu pour ses bontés, c’était prendre le temps de
se rendre compte et de goûter les beautés et la joie de nos vies. Une sorte de recensement positif.
Évidemment, dans notre «quotidien religieux» se mêlait la culpabilité de vouloir améliorer son sort, de vouloir plus ou vouloir mieux après avoir fait un inventaire de la si grande générosité de
dieu envers nous. Une manière bien habile de nous maintenir tranquilles dans un joli manque d’ambition. Quelle ingratitude et quel orgueil, après avoir remercié pour les belles choses que l’on
possède, d’en demander plus !
Mais tout de même. Nous avons peut-être versé dans l’extrême inverse. À tant vouloir réussir nos vies, à tant chercher à performer et à tant désirer obtenir le meilleur, toujours…n’avons-nous pas
oublié un réflexe si simple de jouïr de ce que nous avons déjà ?
Moi, j’avais oublié. Je me rends compte du bonheur. Je me rends compte de la chance. Mais il m’a semblé, l’autre soir, qu’en faisant une prière, en prenant le temps de dire merci pour tout ce que
j’ai, je faisais une pause qui me permettait de faire vraiment entrer dans ma conscience tous ces éléments de bonheur que je côtoie comme s’ils étaient acquis.
Et dans le même fil de pensée, je me suis aperçue que de me propulser toujours par le moteur de l’insatisfaction était beaucoup plus facile et moins dangereux que son opposé.
Voici, si je m’arrête et que je laisse véritablement l’amour qui m’entoure et le bonheur que j’en tire entrer dans ma conscience ; il s’y colle un sentiment d’insécurité assez vertigineux : la peur
de perdre cet amour et ce bonheur.
Si j’aime mon mari et que je m’extasie de cet amour…il me vient spontanément la peur de perdre cet amour.
J’en déduis donc, qu’il est plus facile d’être insatisfait et de ne pas trop s’attarder sur le bonheur parce que c’est moins douloureux. Tant que je me bats pour améliorer mon sort, tant que je
lutte pour me sortir de la «médiocrité» de ma vie, je suis en situation de survie et je garde étrangement un contrôle sur ma souffrance. C’est la souffrance de l’injustice, de la malchance. Mais ce
n’est pas la souffrance de la perte. (dans le genre perte on peut se rappeler l’image d’Adam et Ève chassés du Paradis par la pomme de la connaissance).
Je ne crains pas ma propre perte. Mais de perdre des êtres chers, que ce bonheur me soit enlevé me tétanise.
En ce qui me concerne, pour 2008, je fais le projet de continuer ma «prière» du soir. Et parallèlement, d’apprendre à croire que je serai assez forte pour vivre les deuils que j’aurai à vivre
inévitablement. En attendant que ces épreuves se présentent, je tenterai de goûter chaque seconde des merveilles qui parsèment ma vie.
Miam…
Commentaires