MON UNIVERS

Bienvenue dans mon univers

Créer parce que c'est essentiel...nous avons tous notre espace de création...le miens est en image et en mots d'aussi loin que je me souvienne...
Créer parce que c'est un plaisir, un grand bonheur...
Créer pour se brancher sur le souffle de Gaia...
Créer pour communiquer, pour tisser des liens, au-delà des espaces convenus, dans l'intimité de l'imaginaire de l'autre...
Faites comme chez vous...soyez les bienvenus...enlevez vos chaussures, callez-vous confortablement...

Annie

Me voici

Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 16:25
Une amie, récemment, a dit à propos de moi : «mais qui n’aime pas Annie ?» Et ce jugement, si positif et flatteur qu’il soit, m’a laissée perplexe. Qu’est-ce qui fait que «tout le monde m’aime» (à quelques exceptions près évidemment) ? Et j’ai pensé spontanément «c’est parce que j’aime les gens». En y réfléchissant plus avant, il me reste cette thématique qui m’est chère, l’empathie. Nous développons peut-être de la sympathie, de l’amour, pour les gens qui ont de l’empathie envers nous. Quand je cherche des solutions rationnelles pour ramener la paix dans le monde (je fais encore partie de ces êtres choyés par la vie qui peuvent se permettre d’être idéalistes) je crois fermement qu’il y a une piste importante du côté de l’empathie. Depuis quelques mois, j’ai recommencé à prendre le métro. Si empathique que je puisse être, il m’arrive régulièrement de ressentir une envie de bousculer verbalement ou physiquement, les êtres inconscients que je côtoie. Il y a des petits actes simples qui m’amènent à réfléchir. Par exemple. Les poteaux. Avez-vous remarqué ces gens qui monopolisent les poteaux dans les trains du métro ? Entassés comme des poules à l’abattoir, on s’agrippe tant bien que mal à un poteau central afin de garder l’équilibre. Mais il y a toujours un clown pour venir s’appuyer le dos, les bras, de manière à occuper tout le bout de métal et à empêcher les gens autour de se tenir convenablement. Ce n’est rien. C’est futile. Mais ça provoque une petite colère parce que l’autre semble indifférent et insensible à ses semblables, vivant seul dans sa petite bulle égocentrique. C’est une forme de petite violence qui attise en moi la réciproque. Et les exemples comme ceux-là sont légions, en voiture, au travail, dans le commerce, dans nos familles… Et, oui, ça me donne envie de frapper. Je pourrais parler, expliquer, sensibiliser l’autre. Mais… Et je pense, entre autre, à la Palestine et l’Israël. D’un côté ou de l’autre de la guerre, il y a des gestes sans empathie qui sont posés et qui alimentent le besoin de violence. Quand l’un n’est qu’une technicalité embarrassante sur un territoire, quand l’autre n’est qu’une machine oppressante. Où est l’humain dans tout ça ? Et si l’un et l’autre développaient de l’empathie ? Les combats seraient-ils encore possibles ? Mais l’empathie est un jeu rationnel qui se joue à deux. C’est une volonté. Il faut que les deux parties abaissent les armes simultanément. Je pense depuis longtemps, que l’Homme n’est ni bon ni mauvais, mais que la non-violence et le respect de la vie ne sont pas naturels. Cela s’apprend. La bonté, à l’extérieur de la sympathie incontournable pour le sous-groupe qui assure notre survie, est un acte rationnel et volontaire. Et je ne vois pas d’autre moyen que l’Éducation avec un grand E pour développer de génération en génération, suffisamment d’empathie pour stopper la violence. Cela serait-il suffisant ? Il y a tant d’autres aspects de la nature humaine qui sont en cause… Le besoin de pouvoir qui supplante aisément l’empathie…mais ça c’est un autre sujet…. Je termine ce petit bout de réflexion avec un extrait d’article qui explique bien, je trouve, le principe de l’empathie. «C’est parce que nous en sommes capables que nous pouvons vivre en société et que nous ressentons de la solidarité avec le genre humain. C’est parce que nous en manquons que nous pouvons être cruel, indifférent aux autres ou autiste. (…) C’est ce qui nous permet d’être ému au théâtre ou au cinéma, de conseiller nos amis (…) ou encore de communiquer sans parole dans l’intimité. L’empathie (…) inscrite dans nos systèmes neurologiques, est cette aptitude du cerveau humain à adopter le point de vue d’autrui tout en restant nous-même. L’empathie n’est donc pas la sympathie, identification ou fusion des émotions et des sentiments, une relation affective à autrui , fondée sur la contagion des émotions (…) l’empathie nous permet de reconnaître les émotions d’autrui, non pour chercher à les éprouver, mais pour décider d’un comportement (…) deux composants fondamentaux interagissent pour créer l’empathie : un composant de résonance motrice dont le déclenchement est le plus souvent automatique et non intentionnel ; et la prise de perspective subjective de l’autre qui est plus contrôlée et intentionnelle. La résonance motrice et le mimétisme émotionnel sont des propriétés physiologiques du système nerveux (…) Quand je perçois une expression émotionnelle chez autrui, cela déclenche en moi les représentations motrices à la base de cette émotion. Mais chez les humains, cette simulation est le plus souvent intentionnelle, associée donc à la conscience de soi et de l’autre (…) L’empathie ne serait-elle donc qu’une simulation mentale consciente de la subjectivité d’autrui ? Ce regard partagé dans l’empathie crée un monde unique d’intersubjectivité ; de cette rencontre du «je» et du «tu», voire du «il», advient un «entre-nous» qui échappe à ce qu’on pourrait proprement nommer la «pensée unique». Des incivilités de toutes sortes et de la confusion des personnes réelles et des avatars virtuels à l’embrigadement sectaire et aux gestes de pensées fanatiques, c’est l’incapacité à changer de point de vue (et donc à accepter la différence) qui se déploie. » Science & vie, hors série no 232. L’empire caché de nos émotions.
Par Annie Paradis - Publié dans : annieparadis
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