Dimanche 22 octobre 2006
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Cet été, je suis déménagée. Un nouvel appart., génial, avec mon amoureux, génial. Mon ami déménageur, qui a eu l’honneur de transporter l’ensemble précieux de nos avoirs était halluciné par la quantité de choses que nous possédons. Et tout ça rentre dans un 6 et demie… On a tout ce qu’il faut comme électros, meubles, livres, bibelots, cossins pour être heureux…et malgré tout, je pense tout de même à m’acheter un congélateur…
Moi, qui suis contre la surconsommation, qui suis sensible au recyclage et à l’écologie, force m’est tout de même d’admettre que nous vivons à un rythme fou et que tous ces «outils» nous deviennent indispensables. Je me vois mal, avec un boulot à temps plein, une carrière naissante de peintre en parallèle, une vie sociale minimalement décente ; me mettre à laver mon linge à la main, à faire mon propre pain ou me passer de mon cellulaire, mon répondeur, mon ordinateur…
Bref, je suis loin du rêve de jeunesse où tout mon avoir tenait dans un sac à dos. Ne posséder rien et que presque rien ne me possède…mais voilà, le principe minimaliste de la tortue, je ne suis pas capable de l’appliquer. Pour performer dans mon travail et me garantir un toit et de la nourriture, il me faut un bon lit, des vêtements présentables…
Récemment, comme je côtoie tous les jours les vitrines alléchantes des magasins, je me suis trouvée prise d’un vertige étrange. Ah tiens…c’est joli ce tapis…cette lampe…ce porte-serviettes…ce moulin à poivre…me disais-je…
Et puis j’ai pensé à ma mort…ben oui. Où est-ce que tout ça va se retrouver quand je serai retournée à la poussière ? Je n’ai pas d’enfants, peu de nièces et de neveux…et de toute façons, voudraient-ils de mes vieilleries ? mmm…pas sûre…
Toutes les photos que j’accumule dans des boîtes et que je ne regarderai probablement plus jamais…ma jolie collection de tasses anciennes…toutes les bébelles que l’on garde au cas où un jour on s’en servirait…
Vraiment ça m’a troublée. Jusqu’où tout cela a-t-il un sens ? À quoi ça sert ? Je n’apporterai rien de tout cela dans ma tombe. Je laisserai derrière moi, un amas incroyable d’objets qui surchargeront encore les sites d’enfouissements, les bazars, les garde-robe de mes proches…
Et je sens un grand besoin de simplifier ma vie à l’extrême. De prendre le temps de réellement choisir en fonction d’une utilisation durable et rentable. De ne conserver que les outils indispensables, les objets inutiles qui me procurent un réel plaisir et de cesser d’accroître ou de renouveler le stock inépuisable de mes besoins artificiels…
Peut-être qu’en donnant du leste sur l’espace matériel qui me définit, je finirai par dénicher, en dessous de toutes choses, un sens plus simple à ma courte vie ?
Par Annie Paradis
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Publié dans : annieparadis
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