Mon univers

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Créer parce que c'est essentiel...nous avons tous notre espace de création...le miens est en image et en mots d'aussi loin que je me souvienne...

Créer parce que c'est un plaisir, un grand bonheur...
Créer pour se brancher sur le souffle de Gaia...
Créer pour communiquer, pour tisser des liens, au-delà des espaces convenus, dans l'intimité de l'imaginaire de l'autre...
Faites comme chez vous...soyez les bienvenus...enlevez vos chaussures, callez-vous confortablement...

Annie

Me voici

Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 18:58

Vouloir ou avoir besoin

 

Dans la grande famille du vouloir nous oublions de tenir compte du besoin. Dans notre univers les besoins fondamentaux qui sont admis sont ceux de base : se nourrir, se loger, se vêtir, etc. Se réaliser dans son travail.

 

Mais les besoins plus personnels comme le besoin d’être rassuré, le besoin d’être aimé et respecté, le besoin de s’exprimer, de trouver une voie qui nous est propre ; tous ces besoins sont encore aujourd’hui perçus comme de l’apitoiement ou de la faiblesse de caractère. Malgré toutes les avancées en psychologie, notre fragilité humaine et nos besoins réels demeurent un tabou. Il faut contrôler ses émotions.

 

Ce que je veux mettre en lumière aujourd’hui c’est la distinction entre vouloir et avoir besoin. Je crois que ces deux pôles sont trop souvent en contradiction à l’intérieur de nous et que cette contradiction trouble notre jugement. Souvent, nous croyons vouloir quelque chose, mais ce désir entre en conflit avec ce dont nous avons réellement besoin.

 

Les exemples sont légion. Prenons le grand cliché banlieusard de la plus grosse tondeuse. Nous voulons, à tout prix, la tondeuse dernier cri-super-high-tech. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce désir ? Peut-être le besoin d’être rassuré sur sa réussite sociale ? Peut-être plus simplement le besoin d’être aimé, admiré et respecté. Est-ce que la tondeuse est le seul moyen de combler ce besoin ?

Pour demeurer dans les lieux communs : l’alcoolique veut-il vraiment boire ? ou n’est-ce qu’une façon de calmer des besoins inassouvis ? Besoin de tendresse, manque de confiance en soi, etc.  

 

Manger ses émotions…voilà qui nous est familier comme concept…quoi de mieux que deux litres de crème glacée pour «soigner» une peine d’amour ?

 

Si nous prenions parfois le temps de voir ce qui se cache derrière nos désirs, je crois que nous découvririons qu’au fond, nos désirs sont un symptôme de nos besoins. De nos besoins que nous ne savons pas définir et encore moins écouter. Peut-être faut-il changer cette polarité qui nous fait définir d’abord nos désirs. (je veux être un richissime président d’entreprise) Et une fois ce désir définit, nous «adaptons» nos besoins en conséquence. (je n’ai pas vraiment besoin d’avoir une famille).

 

De la colère

 

Il en va de même de la colère. À mon sens, la colère est un symptôme, l’expression d’une autre émotion qui n’a pas eu sa place pour s’exprimer.

Je suis en colère parce que…

 

Parce que «tu ne m’écoutes pas quand je parle». Le besoin qui se cache sous la colère est celui d’être entendu, rassuré, aidé. Le sentiment est peut-être la solitude, la vulnérabilité, la tristesse. «je suis triste parce que mon chien est mort. J’ai besoin que tu entendes cette tristesse et que tu l’apaises. Mais je suis en colère parce que tu ne m’écoutes pas»

 

Ce que je me propose, dorénavant, est d’être vigilante lorsque je suis animée d’un désir puissant ou d’une colère incontrôlable. Qu’est-ce qui se cache en dessous ? Qu’est-ce que mon inconscient essaie de me dire ? Quel est le besoin qui veut être comblé ?

 

Je ne veux pas dire que l’on doive analyser chacune de nos pulsions. Mais peut-être revoir celles qui sont dérangeantes, qui nous stressent et embrouillent notre tranquillité d’esprit. Il n’y a aucun mal à vouloir la plus grosse tondeuse. Mais si cela cause des disputes dans mon couple parce que le budget familial est limité ou que la conjointe veut plutôt voyager….il y a peut-être lieu de se remettre en question…

Je ne prêche pas non plus l’équilibre zen…au contraire…l’acceptation de nos émotions et de nos besoins implique forcément de défaire le tissus des apparences et de prendre sa place autrement dans notre univers personnel et social ; ce qui n’est pas nécessairement synonyme de calme au départ.

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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