Mon univers

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Créer parce que c'est essentiel...nous avons tous notre espace de création...le miens est en image et en mots d'aussi loin que je me souvienne...

Créer parce que c'est un plaisir, un grand bonheur...
Créer pour se brancher sur le souffle de Gaia...
Créer pour communiquer, pour tisser des liens, au-delà des espaces convenus, dans l'intimité de l'imaginaire de l'autre...
Faites comme chez vous...soyez les bienvenus...enlevez vos chaussures, callez-vous confortablement...

Annie

Me voici

Les écrivaillures

Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 18:58

Vouloir ou avoir besoin

 

Dans la grande famille du vouloir nous oublions de tenir compte du besoin. Dans notre univers les besoins fondamentaux qui sont admis sont ceux de base : se nourrir, se loger, se vêtir, etc. Se réaliser dans son travail.

 

Mais les besoins plus personnels comme le besoin d’être rassuré, le besoin d’être aimé et respecté, le besoin de s’exprimer, de trouver une voie qui nous est propre ; tous ces besoins sont encore aujourd’hui perçus comme de l’apitoiement ou de la faiblesse de caractère. Malgré toutes les avancées en psychologie, notre fragilité humaine et nos besoins réels demeurent un tabou. Il faut contrôler ses émotions.

 

Ce que je veux mettre en lumière aujourd’hui c’est la distinction entre vouloir et avoir besoin. Je crois que ces deux pôles sont trop souvent en contradiction à l’intérieur de nous et que cette contradiction trouble notre jugement. Souvent, nous croyons vouloir quelque chose, mais ce désir entre en conflit avec ce dont nous avons réellement besoin.

 

Les exemples sont légion. Prenons le grand cliché banlieusard de la plus grosse tondeuse. Nous voulons, à tout prix, la tondeuse dernier cri-super-high-tech. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce désir ? Peut-être le besoin d’être rassuré sur sa réussite sociale ? Peut-être plus simplement le besoin d’être aimé, admiré et respecté. Est-ce que la tondeuse est le seul moyen de combler ce besoin ?

Pour demeurer dans les lieux communs : l’alcoolique veut-il vraiment boire ? ou n’est-ce qu’une façon de calmer des besoins inassouvis ? Besoin de tendresse, manque de confiance en soi, etc.  

 

Manger ses émotions…voilà qui nous est familier comme concept…quoi de mieux que deux litres de crème glacée pour «soigner» une peine d’amour ?

 

Si nous prenions parfois le temps de voir ce qui se cache derrière nos désirs, je crois que nous découvririons qu’au fond, nos désirs sont un symptôme de nos besoins. De nos besoins que nous ne savons pas définir et encore moins écouter. Peut-être faut-il changer cette polarité qui nous fait définir d’abord nos désirs. (je veux être un richissime président d’entreprise) Et une fois ce désir définit, nous «adaptons» nos besoins en conséquence. (je n’ai pas vraiment besoin d’avoir une famille).

 

De la colère

 

Il en va de même de la colère. À mon sens, la colère est un symptôme, l’expression d’une autre émotion qui n’a pas eu sa place pour s’exprimer.

Je suis en colère parce que…

 

Parce que «tu ne m’écoutes pas quand je parle». Le besoin qui se cache sous la colère est celui d’être entendu, rassuré, aidé. Le sentiment est peut-être la solitude, la vulnérabilité, la tristesse. «je suis triste parce que mon chien est mort. J’ai besoin que tu entendes cette tristesse et que tu l’apaises. Mais je suis en colère parce que tu ne m’écoutes pas»

 

Ce que je me propose, dorénavant, est d’être vigilante lorsque je suis animée d’un désir puissant ou d’une colère incontrôlable. Qu’est-ce qui se cache en dessous ? Qu’est-ce que mon inconscient essaie de me dire ? Quel est le besoin qui veut être comblé ?

 

Je ne veux pas dire que l’on doive analyser chacune de nos pulsions. Mais peut-être revoir celles qui sont dérangeantes, qui nous stressent et embrouillent notre tranquillité d’esprit. Il n’y a aucun mal à vouloir la plus grosse tondeuse. Mais si cela cause des disputes dans mon couple parce que le budget familial est limité ou que la conjointe veut plutôt voyager….il y a peut-être lieu de se remettre en question…

Je ne prêche pas non plus l’équilibre zen…au contraire…l’acceptation de nos émotions et de nos besoins implique forcément de défaire le tissus des apparences et de prendre sa place autrement dans notre univers personnel et social ; ce qui n’est pas nécessairement synonyme de calme au départ.

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 19:19

«Rien qu’aux Etats-Unis, la maladie d’alzheiner frappe environ 4 millions d’adultes et coûte à l’économie environ 100 milliards de dollars par an. L’impact des désordres neurodégénératifs est surtout perceptible dans l’évolution de la fonction cognitive avec l’âge. Non seulement les maladies neurodégnératives peuvent priver l’individu de la conscience de son identité, mais en outre elles privent la société de l’expérience et de la sagesse qu’ont accumulées ceux qui en sont victimes.

Vu le vieillissement global de la population, l’ampleur du problème ne peut qu’augmenter.»

Extrait de «Comprendre le cerveau» publié par l’OECD.

 

Je me questionne sur le «problème» du vieillissement de la population… 

D’abord, je crois qu’on devrait cesser d’utiliser l’expression imprécise de «population vieillissante». Il faudrait, à mon sens, plutôt parler de population avec une plus grande espérance de vie. La nuance peut sembler mince et pourtant….

 

Le problème est plutôt que le système économique mis en place n’avait pas prévu cette longévité humaine…Oups…

Tout allait bien quand l’espérance de vie d’un travailleur se situait autour de 65 ans…l’âge de la retraite. Dans cette optique, un travailleur «libéré» à la retraite ne coûtait pas très cher à l’État puisqu’il mourrait peu de temps après sa «libération»…

 

Maintenant que nous avons enfin la chance d’une deuxième vie après la retraite, le capitalisme s’étouffe et crache, chigne et mord…nous vivons trop vieux et malades et cela coûte cher à l’État…

 

Solution ? Repousser l’échéance de la retraite d’une dizaine d’années…pénaliser les travailleurs qui voudraient s’arrêter avant 65 ans, récompenser ceux qui auront la «décence» de demeurer sur le marché du travail jusqu’à leur mort…

 

Ce qui me choque, c’est qu’on ne parle pas de redéfinir la répartition du travail ou de remettre en question un système qui utilise la force de travail humaine sans tenir compte de ses besoins fondamentaux ou de ses limites…

   

Ne serait-il pas possible de se reposer un peu ? N’est-il pas pensable que le fameux système prévoit une deuxième vie pour ses travailleurs ? Jusqu’à quel point le travailleur doit-il encore payer pour vivre ?

Sans prêcher pour un état providence, il y a peut-être un juste milieu à atteindre entre un État capitaliste qui use ses travailleurs jusqu’à la mort et un État socialiste qui les rendrait dépendants…

 

Entre vous et moi, à 65 ans, on a beau encore être en forme et en santé, on a plus l’énergie de nos 20 ans, et tout ce que l’on souhaite, c’est de pouvoir enfin bénéficier des avantages du système capitaliste que nous avons entretenu toute notre vie…

 

 

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 22:13

 

J’écoutais un jeu télévisé de culture générale…

À un moment donné, je me suis dit : «Ben non…y’é ben trop jeune pour connaître ça…»

On parle d’une connaissance qui faisait partie de notre culture il y a environ 10 ou 15 ans…

Ça m’a fait réfléchir…

Pour me définir en tant qu’individu ou en tant que Peuple…j’ai accès à une mémoire collective de 10 ou 20 ans…au-delà de cette tranche temporelle, ça devient hasardeux…

Les frontières sont ouvertes et la culture se multiplie à une vitesse fulgurante…

Et c’est magnifique ! Fini les frontières, fini l'ignorance...

Mais…

C’est terrifiant aussi…comment cerner notre individualité, notre histoire, dans un monde en perpétuel changement…de quoi avoir sérieusement les blues existentiels…

À une époque pas si lointaine, l’histoire d’une communauté se transmettait par tradition orale, de génération en génération…on avait des racines…

Maintenant, nos racines sont un grand réseau web, une toile indéfiniment tissée, dépendante du marché, de l’économie, de….

Maintenant on a une mémoire de 1 gig qu’on doit updater tout le temps parce que les données s’effacent à mesure…

Juste une question : quand je verrai défiler le film de ma vie sur mon lit de mort…de quoi vais-je me souvenir au juste ?

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 21:50

 

Vous aurez sûrement remarqué la nouvelle mode écolo et humaniste qui envahit notre univers de consommateur…

Il me semble que le premier à partir le bal a été Benetton, toutes couleurs unies…

Aujourd’hui, toute entreprise a sa cause, tous les artistes ont leurs causes…St-Hubert et les artistes en sont un parfait exemple…

J’aime bien d’ailleurs celle de Dove et des beautés naturelles…soutenues par un site web sur l’amour de la diversité des formes féminines et le rejet des stéréotypes qui mènent à l’anorexie et autres problèmes de santé…

 

Ce qui me frappe surtout, c’est le virage vert…c’est payant…

Hydro-Québec nous culpabilise avec une pub de scie qui martyrise le dernier arbre vivant, et nous propose les factures internet…Entre vous et moi, c’est juste un transfert de papier…le client imprime ses factures au lieu de les recevoir par la poste…faut pas les imprimer dites-vous ? Oui, mais s’il y a un problème de facturation…si vous avez besoin d’une facture pour prouver votre lieu de résidence…si et si…pour n’importe quelle raison…vous avez besoin de ce fichu papier…Allez-vous vraiment vous fier aux banques de données de votre compte, accessibles sur internet i.e. pleinement contrôlées par leur société ?

Moi pas…je suis peut-être outrageusement méfiante, mais je préfère conserver une certaine autonomie et une copie papier de protection…

J’ai un ami qui a, un jour, eu besoin d’un relevé de ses transactions bancaires …son institution financière lui a chargé 35$ pour avoir une copie de son relevé….

Combien nous coûteront les relevés hydro, visa, banque, etc…quand ces institutions décideront que ça leur coûte trop cher de stocker toutes nos informations personnelles…

Bref…

Même chose pour les sacs d’épicerie…bravo pour l’initiative de réduire le nombre de sacs dans les dépotoirs…Mais cet altruisme est aussi très rentable…

Maintenant, vous achetez les beaux sacs (souvent de plastique non biodégradables) que les supermarchés vous vendent…c’est vous qui payez…ce sont eux qui économisent…

Ce que j’amène, est cette simple observation : On adhère aux grandes causes lorsqu’elles sont rentables… (et on file la facture aux consommateurs)

Changez le monde ? Je crois maintenant que c’est possible…il faut juste que les entreprises soient convaincues que c’est dans leur intérêt et que ça rapporte…et que les consommateurs acceptent gentiment d’ajouter encore quelques sous à leurs factures…

C’est tout de même mieux que rien…c’est tout de même un pas en avant…If you can’t beat them…join them…

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 20:07

Me voici avec le bon dieu en 2008. Drôle de façon d’aborder une nouvelle année me dirais-je si les deux dernières semaines n’avaient été si riches en aboutissement de réflexions existentielles.

Il serait long de faire le tour de ces fameux aboutissements, ici même, maintenant….mais j’ai confiance, qu’au fil des prochains articles, ces derniers feront surface tranquillement et se dévoileront d’eux-mêmes sans que j’aie à les traquer…

Je vous livrerais, tout de même, ma plus grande découverte : être en couple et être heureux…aimer et être aimé sincèrement en retour…bâtir la vie en étant deux…«ça change pas le monde sauf que….», moi, ça transforme ma vie…

Bref, pour en revenir à dieu. (Notez ici la minuscule volontaire) J’ai déjà dit et je maintiens que je suis athée. Je crois que l’on naît et meurt comme le font les plantes et les étoiles. Je me considère comme la particule d’un grand Tout biologique auquel j’appartiens et dans lequel je me fondrai à ma mort. Pas de paradis, pas d’enfer, pas de kharma…la cellule vers la cellule, une simple transformation de la matière.

Cependant, fidèle à mes pérégrinations psycho-philosophiques, je me suis mise, à partir à la recherche de la joie pure en moi. Celle qui n’est pas provoquée par un désir forcené d’avoir du plaisir à tout prix pour compenser le spleen inévitable de nos vies à cent à l’heure. La joie. Où se cache-t-elle donc, en moi, cette joie ? Et c’est là qu’une vieille prière m’est revenue. Une sorte de bénédicité.

«Merci mon dieu pour…mon amoureux, mes amis, ma famille, les personnes magnifiques qui ont jalonné ma vie, mon chat, mon appart, mon jardin, ma santé, la bonne bouffe, l’art, le pays pacifique dans lequel je vis….etc…»

Et j’ai pensé que cette «tradition» religieuse, que nous avons perdue, avait plein de bon sens au fond. Prendre le temps, chaque soir, de remercier dieu pour ses bontés, c’était prendre le temps de se rendre compte et de goûter les beautés et la joie de nos vies. Une sorte de recensement positif.
Évidemment, dans notre «quotidien religieux» se mêlait la culpabilité de vouloir améliorer son sort, de vouloir plus ou vouloir mieux après avoir fait un inventaire de la si grande générosité de dieu envers nous. Une manière bien habile de nous maintenir tranquilles dans un joli manque d’ambition. Quelle ingratitude et quel orgueil, après avoir remercié pour les belles choses que l’on possède, d’en demander plus !

Mais tout de même. Nous avons peut-être versé dans l’extrême inverse. À tant vouloir réussir nos vies, à tant chercher à performer et à tant désirer obtenir le meilleur, toujours…n’avons-nous pas oublié un réflexe si simple de jouïr de ce que nous avons déjà ?

Moi, j’avais oublié. Je me rends compte du bonheur. Je me rends compte de la chance. Mais il m’a semblé, l’autre soir, qu’en faisant une prière, en prenant le temps de dire merci pour tout ce que j’ai, je faisais une pause qui me permettait de faire vraiment entrer dans ma conscience tous ces éléments de bonheur que je côtoie comme s’ils étaient acquis.

Et dans le même fil de pensée, je me suis aperçue que de me propulser toujours par le moteur de l’insatisfaction était beaucoup plus facile et moins dangereux que son opposé.

Voici, si je m’arrête et que je laisse véritablement l’amour qui m’entoure et le bonheur que j’en tire entrer dans ma conscience ; il s’y colle un sentiment d’insécurité assez vertigineux : la peur de perdre cet amour et ce bonheur.

Si j’aime mon mari et que je m’extasie de cet amour…il me vient spontanément la peur de perdre cet amour.

J’en déduis donc, qu’il est plus facile d’être insatisfait et de ne pas trop s’attarder sur le bonheur parce que c’est moins douloureux. Tant que je me bats pour améliorer mon sort, tant que je lutte pour me sortir de la «médiocrité» de ma vie, je suis en situation de survie et je garde étrangement un contrôle sur ma souffrance. C’est la souffrance de l’injustice, de la malchance. Mais ce n’est pas la souffrance de la perte. (dans le genre perte on peut se rappeler l’image d’Adam et Ève chassés du Paradis par la pomme de la connaissance).

Je ne crains pas ma propre perte. Mais de perdre des êtres chers, que ce bonheur me soit enlevé me tétanise.

En ce qui me concerne, pour 2008, je fais le projet de continuer ma «prière» du soir. Et parallèlement, d’apprendre à croire que je serai assez forte pour vivre les deuils que j’aurai à vivre inévitablement. En attendant que ces épreuves se présentent, je tenterai de goûter chaque seconde des merveilles qui parsèment ma vie.

Miam…

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures - Communauté : Blogueurs du Québec
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Samedi 10 novembre 2007 6 10 /11 /Nov /2007 23:23
J’ai fait un rêve passionnant (pour moi) dont je reparlerai plus avant une autre fois. Mais un tout petit morceau de ce rêve est pertinent aux «confidences» que j’ai envie de vous faire.

Essentiellement, j’étais dans un atelier (pas le miens) où une très grande toile ornait un long mur blanc. En observant le tableau, je me rendis compte que c’était une de mes toiles, mais traitée différemment. L’été. Cette toile où deux baigneurs sont immergés dans le bleu et dont la tête émerge dans un jaune vif. Les couleurs de sa jumelle étaient les mêmes, les contrastes et les jeux de lumières semblables. Ce qui différait c’était qu’ils étaient trois personnages, deux surnageant comme dans la mienne et un qui nageait sous l’eau plus bas. Mais la plus grande différence était que ces personnages étaient «réalistes». Trois hommes aux cheveux noirs et aux corps très minces et musclés comme des danseurs. Si j’avais à vous dire à qui ils ressemblaient, je pourrais choisir une figure connue qui vous serait familière ; ils ressemblaient à Guy Corneau. (je ne sais pas s’il est musclé comme un danseur J)

Et  c’est là que commence mon histoire. La peinture était vraiment très belle. Frappante. Je me suis dit, dans le rêve, beaucoup plus forte que la mienne.

Plus récemment encore, cette fois dans le monde réel et dans mon atelier, devant une toile toute neuve, on m’a demandé : j’ai hâte de voir son visage…Ce à quoi j’ai répondu que je doutais fort qu’il y aurait une telle chose sur ce personnage. On m’a suggéré alors qu’il était peut-être temps que je fasse «évoluer» mon travail et que je choisisse un visage pour mes personnages.

Cette personne, par ses commentaires, rejoignait un questionnement que je me fais depuis longtemps. Pourquoi ne pas mettre de visages ? Particulièrement cette année, cette question s’est faite plus pressante. J’ai envie que mon travail évolue vers quelque chose de plus fort, de plus…je ne sais pas trop exactement, mais de PLUS, simplement…

(en passant, je reviendrai sur la force en art avec la suite du rêve)

Cependant, plus j’y réfléchis, plus je suis convaincue que les visages ne seraient pas une amélioration mais bien une perte. Ce n’est pas la piste que je veux suivre.

Pourquoi ? Parce que. Parce que ça ne m’a jamais été intéressée, les visages. Ce faisant d’ailleurs, je n’ai pas développé cette habileté au portrait. Je suis certaine qu’avec des cours et beaucoup de pratique, j’arriverais à dessiner des visages aussi aisément que je dessine des corps…Mais jamais, j’en suis à peu près certaine, avec autant de plaisir.

Ce qui m’intéresse ce n’est pas l’image mais l’essence de la personne. Il me semble que si on pouvait dire : tiens, ce personnage me fait penser à ma tante Germaine, à mon cousin Paul, à mon ex-petite amie, à Marilyn Monroe, à Bono, à Guy Corneau …ou si on se demandait : c’est qui, tu penses, qui a posé nu pour ce tableau ? penses-tu que c’est ressemblant ? penses-tu qu’il était gêné ?…
Je ne cherche pas à représenter une individualité restreinte, mais une individualité globale. Je veux qu’on se reconnaisse sans se comparer.

Il me semble que lorsque toutes ces idées traversent l’esprit de la personne qui regarde, alors j’ai perdu mon pari. Je pari que je peux faire ressentir la joie, la colère, la tristesse…pas celle de quelqu’un d’autre, celle de celui ou celle qui regarde. Je veux plonger dans l’essence, dans l’essentiel de ce que nous sommes. Dedans. Dans cet univers fabuleux de nos émotions qui n’a pas de limites.

C’est une quête personnelle sûrement. À travers mes toiles, je veux me connaître moi au-delà des étiquettes et des convenances. Je trouve le monde dans lequel nous vivons extrêmement et inutilement restrictif. J’ai besoin de retrouver cet espace imaginaire en moi qui est si vaste, si libre, si plein.

Je me suis demandée alors comment j’arrivais à écrire des romans. Parce que dans le roman, la description de la personne est plus précise. La couleur des cheveux, les yeux, la taille , la peau, les habitudes, les idées, la voix…Voilà qui va à l’encontre de ma quête…

Mais non…non, pas du tout. Chaque lecteur imagine le visage qui correspond à SON imaginaire. Combien de fois cela vous est-il arrivé de «rencontrer» un personnage de roman mis à l’écran ? Votre première réaction, c’est sûrement : je ne l’imaginais pas comme ça.

Là réside toute la magie d’un personnage sans visage, d’un personnage de roman que l’on ne peut voir. C’est notre imaginaire qui fait le travail pour l’auteur. L’artiste ne place que des balises, des contours, des guides…le lecteur fait le reste. Et ce reste qu’il fait, c’est SA création. SON univers personnel, intérieur, son imaginaire qu’il déploie.

C’est ÇA que je cherche.
Voilà, pour moi, le sens de «l’art est un mensonge qui nous rapproche de la vérité».
Ce n’est pas vrai, ce qu’il y a sur la toile. Mais si elle est réussie, votre émotion, elle, sera vraie…et surtout libre…

Je pense que ce contour noir autour de mes personnages est, comme je l’ai appelé, la trame narrative. Ce sont les balises que je place. Si je ne les mettais pas, j’aurais l’impression qu’avec le corps aussi, les mêmes questions d’individualité reviendraient : «il est pas tout à fait réaliste ce corps…l’ombre n’est pas au bon endroit…pourquoi il est bleu.»

Avec la ligne noire, je délimite le réel hors de la toile. Ce n’est pas le corps de QUELQU’UN, c’est un personnage. S’il est bleu, c’est peut-être le froid, ou la solitude, ou la tristesse, ou la légèreté. Le reste du corps et des couleurs vous le dira.

Ce n’est pas moi qui décide. Moi je suggère, vous décidez.

Finalement, je pense que je cherche avec beaucoup d’espoir et de ferveur le SOI au-delà de l’image. Je me cherche MOI, au-delà des images que d’autres ont inventées pour me définir.

J’ai commencé une série que j’ai appelée «les masques». Il y a un visage, mais c’est plutôt une caricature. Les masques #1, c’est un visage qui dit l’inverse du corps. C’est le masque obligatoire. La barrière entre ce que nous voulons que les autres voient et ce que nous ressentons vraiment. Je compte continuer cette série. Le jeu désolant de nos mensonges est agréable à dépeindre. C’est à soi-même, au fond que l’on ment réellement.

En passant, ce n’est peut-être pas un hasard si les personnages de la toile, dans mon rêve, ressemblaient à Guy Corneau…Je vous encourage à lire son dernier livre Le meilleur de soi…faut s’accrocher à certains moments qui paraissent plus «ésotériques»…mais ça vaut vraiment la peine si on cherche la personne que l’on est au-delà de notre personnage…


Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Vendredi 2 novembre 2007 5 02 /11 /Nov /2007 19:16
Par une belle journée d’automne, je prends un taxi pour me rendre à la clinique. J’étais bien malade (j’allais me faire diagnostiquer une bronchite aigüe) et pas trop d’humeur à la causette. Comme la voiture s’engageait sur la rue Rachel, mon chauffeur haïtien, aussi souriant que le soleil, me fait remarquer, dans son accent musical, les couleurs des feuilles qui réchauffaient le Mont-Royal…
 
«vous avez vu ? c’est beau non ? ces arbres, c’est comme un symbole…comme Montréal…merveilleux et multicolore…»
 
Je paraphrase, mais l’essentiel est là…
 
Montréal multicolore comme l’automne…Entre deux quintes de toux, j’ai trouvé l’image charmante.
 
En cette période où les débats s’animent sur les accommodements raisonnables, un tel commentaire était rafraîchissant. Je trouve bien dommage que la polémique sur les accommodements aie soulevé dans son sillage de grandes questions sur l’immigration.
Tout à coup, tout un chacun se met à repenser les politiques d’immigration…les enjeux et les questions s’entremêlent lamentablement….pourquoi ?
 
De quoi parle-t-on au juste ?
 
Je crois que les québécois de toutes souches sont heureux du multiculturalisme, fiers de la diversité culinaire, musicale, religieuse, idéologique, physique…
Pourtant, à en croire certains médias, il semble que nous devenions soudainement intolérants et presque racistes … Peut-être que par souci de manchettes sensationnelles on dévie les vraies questions.
 
Personnellement, j’ai un problème avec tous les intégrismes politiques, religieux, moraux, juifs, chrétiens, intellectuels, machos, féministes, financiers…whatever !
 
C’est bien dommage de mettre tous les œufs dans le même panier avec les pommes et les choux-fleurs…et de donner ainsi tant de pouvoir à une toute petite minorité d’extravagants…
 
C’est un peu comme si dans un couple, l’un des partenaires exigeait soudainement de pouvoir s’envoyer en l’air avec tout le monde. Il y a un changement dans le contrat social de l’union…c’est peut-être assez pour provoquer une rupture ou mener à une bonne thérapie…mais est-ce pertinent de remettre en question le mariage et ses fondements, d’interdire à l’ensemble de la société de former des couples ou de limiter le nombre de naissances ? ou pis encore…d’obliger tous les couples à une union libre et débridée ?
Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Dimanche 14 octobre 2007 7 14 /10 /Oct /2007 20:51
La multiplicité de la chair...


Avez-vous déjà mangé du kangourou ? Semblerait que c'est la nouvelle mode...

Plus ça va, plus nos tables se parent de chairs exotiques de toutes sortes. L'infinie conquête de la nouveauté...
Mais l'exotisme se fane à une allure vertigineuse et produit tout aussi rapidement de nouveaux besoins à mettre en marché.

Bison, autruche, sanglier, kangourou, émeu...peu importe...c'est «In».

Je ne peux m'empêcher de me questionner face à cette multiplication implacable de la chair   pour nos assiettes...

De nombreux organismes se lèvent pour défendre les droits des animaux,
voir, entre autres ; Réseau  d'action globale www.gan.ca (Global action network )
Des avocats tentent de leur créer une place légale et légitime.
Des mouvements écologistes cherchent des solutions à la contamination des sols et de l'eau, à l'appauvrissement des ressources dûs à la surexploitation du bétail.

Pendant que d'autant se débattent pour rendre aux animaux d'abbatoirs des vies minimalement décentes (pensez au porcs enchaînés à des grilles, au poulets entassés dans des cageaux, aux vaches laitières qui ne sortent plus de leurs enclos) que d'autres encore montent barricades pour protéger des espèces en voix d'extinction (baleines, phoques, saumon, etc.) une multitude d'éleveurs et de gens branchés ciblent de nouvelles victimes de notre surconsommation.

Je suis parfaitement d'accord avec le principe de la découverte et je suis personnellement très sensible aux goûts exotiques de toutes sortes. Je n'ai rien de rien contre la diversité.

Sans prôner le végétarisme, il me semble que l'on devrait prendre notre souffle et se demander s'il est vraiment nécessaire d'assujetir continuellement de nouvelles espèces à la consommation de masse. La nécessité de se nourrir en protéines devrait être le premier moteur de cette exploitation de l'animal par l'Homme. Nous dépassons largement le cadre de la survie, pour se prévaloir d'un plaisir carnacier qui ne se justifie plus.

Tuer pour manger, tuer pour survivre passe encore....mais tuer pour le plaisir ?  Jusqu'où irons-nous ? Une si grande variété est-elle vraiment nécessaire ?

Personnellement, je privilégierai dorénavant la saucisse au basilic et tomates séchées plutôt que celle de kangourou...

Bon appétit !

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Jeudi 16 août 2007 4 16 /08 /Août /2007 21:39
Voici, pour faire suite à l'article "mon jardin en Amérique", les mots de Jacques Brel, chantés aussi par Barbara.

Il nous faut regarder

Derrière la saleté.
S'étalant devant nous
Derrière les yeux plissés
Et les visages mous
Au-delà de ces mains
Ouvertes ou fermées
Qui se tendent en vain
Ou qui sont poings levés
Plus loin que les frontières
Qui sont de barbelés
Plus loin que la misère
Il nous faut regarder

Il nous faut regarder
Ce qu'il y a de beau
Le ciel gris ou bleuté
Les filles au bord de l'eau
L'ami qu'on sait fidèle
Le soleil de demain
Le vol d'une hirondelle
Le bateau qui revient
L'ami qu'on sait fidèle
Le soleil de demain
Le vol d'une hirondelle
Le bateau qui revient

Par-delà le concert
Des sanglots et des pleurs
Et des cris de colère
Des hommes qui ont peur
Par-delà le vacarme
Des rues et des chantiers
Des sirènes d'alarme
Des jurons de charretier
Plus fort que les enfants
Qui racontent les guerres
Et plus fort que les grands
Qui nous les ont fait faire

Il nous faut écouter
L'oiseau au fond des bois
Le murmure de l'été
Le sang qui monte en soi
Les berceuses des mères
Les prières des enfants
Et le bruit de la terre
Qui s'endort doucement.
Les berceuses des mères
Les prières des enfants
Et le bruit de la terre
Qui s'endort doucement.
Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /Juil /2007 00:47
«C’était l’année d’l’amour, c’était l’année d’l’expo…»

Mon enfance a démarré dans un Québec à la culture florissante qui s’ouvrait sur un monde où tous les espoirs étaient permis.
«Peace and love» «All you need is love»
De ma petite banlieue tranquille, j’ai eu l’honneur de côtoyer, en toute innocence, des géants comme Jésus Christ, John Lennon, Walt Disney…ils furent mes maîtres à penser, longtemps, mes maîtres à rêver…Le Bien triomphant toujours sur le Mal, l’amour toujours sur la haine.

Puis, le 1er âge adulte m’a sortie de l’enfance brutalement. À 20 ans, encore si naïve, j’ai découvert la réalité sous la fiction. Le revers de nos rêves. L’horreur du monde. Comme nombre d’entre nous, c’est d’abord l’holocauste qui m’a frappée de plein fouet. Ravalant le choc brutal, séchant mes pleurs ahuris, j’ai entrepris de débusquer les solutions pour «changer le monde». L’espoir était encore tenace.

20 ans plus tard, j’aborde mes 40 ans avec la sensation d’un 2e âge adulte. 20 années passées à tenter de comprendre la nature humaine dans toute sa merveilleuse générosité et son inexplicable violence, m’ont laissé le sentiment de m’être battue en vain contre des moulins à vent.
L’espoir, dans toute son innocence est mort malgré mon acharnement.

Aujourd’hui, j’ai perdu le désir de changer le monde.
À 40 ans, il ne me reste plus beaucoup de candeur.
Ce qui était le moteur de ma vie «croire que la paix dans le monde est possible» est devenu une rumination douloureuse. C’est là que j’ai eu vraiment l’impression de vieillir. Quand j’ai perdu ma foi en l’humanité. Cela m’a paru comme un échec insurmontable.
J’ai abdiqué, intérieurement.

Mais, en lâchant enfin prise…C’est là que j’ai découvert le paradis.
Mahomet, dans le Coran, parle d’un jardin merveilleux offert par Dieu aux hommes. Adam et Ève sont expulsé d’un même Eden pour avoir mangé la pomme de la connaissance. Le paradis perdu de l’innocence.

Ce paradis m’était invisible jusqu’à ce que j’entrevoie mes grandes ambitions comme des lubies aussi inutiles que celles qui poussent les hommes à la violence. Sauver le monde, être un peintre célèbre, un auteur admiré, une femme de carrière accomplie…n’est-ce pas, au fond, la même chose qu’être un politicien puissant, un homme d’affaire richissime, un gourou adulé, un scientifique de génie….?
Je nageais en pleine contradiction. Divisée par l’ambition de réussir ma vie tout en agissant dans le même sens que la folie du monde.

J’ai découvert l’Éden en ayant un amoureux et un jardin dans ma cour. Je l’ai découvert dans la simplicité de mon être profondément en contact avec un homme et avec une toute petite parcelle de nature. Je le redécouvre chaque fois que je reçois des amis à souper, chaque fois que je nage dans un lac, que je flatte mon chat, que j’observe des enfants, que je plante des tomates, que j’écris, que je peint, que je chante, que je fais l’amour…

Ce ne sont pas mes actes que je dois changer. C’est ma perspective sur ces actes. Ramener ma conscience au seul plaisir d’être véritablement en contact avec la vie, avec ce paradis que je possède déjà.

Continuer de poser les petits gestes qui me semblent justes, continuer de croire en mes idéaux pacifistes et humanistes. Mais cesser à tout prix de vouloir performer, réussir, accomplir, résoudre, sauver.

Je ne souhaite plus d’autre ambition que vivre pour vivre, pour goûter, sentir, ressentir, partager, aimer. C’est mon jardin en Amérique. C’est la chance extraordinaire de vivre au paradis et c’est ultimement ce que je souhaiterais à tous…et je ne veux plus me sentir coupable de profiter du bonheur…

Par Annie Paradis - Publié dans : Les écrivaillures
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