Annie Paradis Artiste peintre,ecrivailleuse et autres defauts...
Cet été, je suis déménagée. Un nouvel appart., génial, avec mon amoureux, génial. Mon ami déménageur, qui a eu l’honneur de transporter l’ensemble précieux de nos avoirs était halluciné par la quantité de choses que nous possédons. Et tout ça rentre dans un 6 et demie… On a tout ce qu’il faut comme électros, meubles, livres, bibelots, cossins pour être heureux…et malgré tout, je pense tout de même à m’acheter un congélateur…
Moi, qui suis contre la surconsommation, qui suis sensible au recyclage et à l’écologie, force m’est tout de même d’admettre que nous vivons à un rythme fou et que tous ces «outils» nous deviennent indispensables. Je me vois mal, avec un boulot à temps plein, une carrière naissante de peintre en parallèle, une vie sociale minimalement décente ; me mettre à laver mon linge à la main, à faire mon propre pain ou me passer de mon cellulaire, mon répondeur, mon ordinateur…
Bref, je suis loin du rêve de jeunesse où tout mon avoir tenait dans un sac à dos. Ne posséder rien et que presque rien ne me possède…mais voilà, le principe minimaliste de la tortue, je ne suis pas capable de l’appliquer. Pour performer dans mon travail et me garantir un toit et de la nourriture, il me faut un bon lit, des vêtements présentables…
Récemment, comme je côtoie tous les jours les vitrines alléchantes des magasins, je me suis trouvée prise d’un vertige étrange. Ah tiens…c’est joli ce tapis…cette lampe…ce porte-serviettes…ce moulin à poivre…me disais-je…
Et puis j’ai pensé à ma mort…ben oui. Où est-ce que tout ça va se retrouver quand je serai retournée à la poussière ? Je n’ai pas d’enfants, peu de nièces et de neveux…et de toute façons, voudraient-ils de mes vieilleries ? mmm…pas sûre…
Toutes les photos que j’accumule dans des boîtes et que je ne regarderai probablement plus jamais…ma jolie collection de tasses anciennes…toutes les bébelles que l’on garde au cas où un jour on s’en servirait…
Vraiment ça m’a troublée. Jusqu’où tout cela a-t-il un sens ? À quoi ça sert ? Je n’apporterai rien de tout cela dans ma tombe. Je laisserai derrière moi, un amas incroyable d’objets qui surchargeront encore les sites d’enfouissements, les bazars, les garde-robe de mes proches…
Et je sens un grand besoin de simplifier ma vie à l’extrême. De prendre le temps de réellement choisir en fonction d’une utilisation durable et rentable. De ne conserver que les outils indispensables, les objets inutiles qui me procurent un réel plaisir et de cesser d’accroître ou de renouveler le stock inépuisable de mes besoins artificiels…
Peut-être qu’en donnant du leste sur l’espace matériel qui me définit, je finirai par dénicher, en dessous de toutes choses, un sens plus simple à ma courte vie ?
Moi, qui suis contre la surconsommation, qui suis sensible au recyclage et à l’écologie, force m’est tout de même d’admettre que nous vivons à un rythme fou et que tous ces «outils» nous deviennent indispensables. Je me vois mal, avec un boulot à temps plein, une carrière naissante de peintre en parallèle, une vie sociale minimalement décente ; me mettre à laver mon linge à la main, à faire mon propre pain ou me passer de mon cellulaire, mon répondeur, mon ordinateur…
Bref, je suis loin du rêve de jeunesse où tout mon avoir tenait dans un sac à dos. Ne posséder rien et que presque rien ne me possède…mais voilà, le principe minimaliste de la tortue, je ne suis pas capable de l’appliquer. Pour performer dans mon travail et me garantir un toit et de la nourriture, il me faut un bon lit, des vêtements présentables…
Récemment, comme je côtoie tous les jours les vitrines alléchantes des magasins, je me suis trouvée prise d’un vertige étrange. Ah tiens…c’est joli ce tapis…cette lampe…ce porte-serviettes…ce moulin à poivre…me disais-je…
Et puis j’ai pensé à ma mort…ben oui. Où est-ce que tout ça va se retrouver quand je serai retournée à la poussière ? Je n’ai pas d’enfants, peu de nièces et de neveux…et de toute façons, voudraient-ils de mes vieilleries ? mmm…pas sûre…
Toutes les photos que j’accumule dans des boîtes et que je ne regarderai probablement plus jamais…ma jolie collection de tasses anciennes…toutes les bébelles que l’on garde au cas où un jour on s’en servirait…
Vraiment ça m’a troublée. Jusqu’où tout cela a-t-il un sens ? À quoi ça sert ? Je n’apporterai rien de tout cela dans ma tombe. Je laisserai derrière moi, un amas incroyable d’objets qui surchargeront encore les sites d’enfouissements, les bazars, les garde-robe de mes proches…
Et je sens un grand besoin de simplifier ma vie à l’extrême. De prendre le temps de réellement choisir en fonction d’une utilisation durable et rentable. De ne conserver que les outils indispensables, les objets inutiles qui me procurent un réel plaisir et de cesser d’accroître ou de renouveler le stock inépuisable de mes besoins artificiels…
Peut-être qu’en donnant du leste sur l’espace matériel qui me définit, je finirai par dénicher, en dessous de toutes choses, un sens plus simple à ma courte vie ?
Dim 22 oct 2006
5 commentaires
Les mots utiles sur le Plâteau
un 6 et demi
électros
livres
meubles
cossins pour être heureux
une carrière
une vie sociale décente
cellulaire
ordi
Ces mêmes mots ne veulent absolument rien dire au Gabon et poutant les gens que j'ai cotoyé étaient heureux.
C'est bien pour dire!
un 6 et demi
électros
livres
meubles
cossins pour être heureux
une carrière
une vie sociale décente
cellulaire
ordi
Ces mêmes mots ne veulent absolument rien dire au Gabon et poutant les gens que j'ai cotoyé étaient heureux.
C'est bien pour dire!
pierre duval - le 08/09/2007 à 05h40
J'ai souvent rêvé de l'Afrique,
précisément pour cela, le bonheur qui se passe des indispensables du Plateau...
Ça me fait penser à un bouquin de Zola, Germinal...
Les pauvres mineurs luttant pour des conditions de vie décentes, remportent évnetuellement leur combat...et deviennent riches à la place des riches et soumettent d'autres miséreux...
Si les gabonnais avaient le choix de leur vies ou de la vie à l'occidentale, pensez-vous qu'ils maintiendraient leur bonheur ou le troqueraient-ils pour le nôtre ?
On m'a souvent offert la même ritournelle,qui veut que l'Homme est dans une marche inévitable vers le progrès, que c'est dans sa nature et qu'il n'y a rien à faire....si cela est vrai, c'est bien dommage...
J'ai vu un excellent film, récemment : le Village. Du même auteur que le sixième sens...un petit village qui se maintient hors de l'influence des grandes villes et qui entretient des valeurs humanistes et de simplicité volontaire...
Merci pour votre commentaire, Pierre, cela m'amène une nouvelle piste de réflexion...
Annie Paradis - le 08/09/2007 à 16h45
Tout tes textes sont si saisissants, a chacun de ses textes j'y retouve les penssées qui m'ont envaillis l'esprit mais que j'ai gardé pour moi . La réalité de tous les jours n'est pas toujours facile a comprendre, tout ses sujets et ses milliers de questions du pourquoi et du comment sont sans fin. Mais heureusement pour les artistes comme toi ce sont de grandes inspirations qui apporte soulagement et réconfort aux gens qui admirent tes réalisations.
lyne beauchamp - le 11/01/2008 à 16h11
Quel beau commentaire ! Merci beaucoup. Souvent, dans ma vie quotidienne, mes questionnements sans fins m'ont fait me sentir un peu à part des autres...et surtout, me font me percevoir comme une personne «pas facile à vivre». À juste titre, un ami m'avait taxée un jour de fondamentaliste....Cette manie de rechercher toujours le pourquoi du comment, de fouiller le fond des choses en refusant de se laisser flotter à la surface...C'est assurément une qualité doublée d'un défaut.
Je dirais que ce n'est pas reposant pour moi, et pour les gens qui m'entourent, mais je suis structurée comme cela et changer serait me dénaturer complètement. Effectivement, l'art me permet de «projeter hors de moi» tous ces questionnements. Et mon souhait le plus cher est que ça fasse écho dans l'Autre et que d'une certaine manière l'on puisse parcouri ensemble le chemin de la connaissance.
Ça me fait du bien de savoir que ce que je dis et ce que je cré tu le ressens aussi...
Dans tous les outils modernes qui nous sont donnés, je pense que les blogs sont une belle invention de partage...
Merci encore et bonne route....
Annie Paradis - le 12/01/2008 à 14h42
Une semi-simplicité volontaire...
Étant fauché depuis si longtemps,je n\\\'en ai pas eu le choix,et j\\\'avoue préférer ce mode de vie.J\\\'essaie d\\\'inculquer a ma fille que le tout n\\\'est pas nécéssaire,que notre planète,et nous,n\\\'avons pas besoin de toutes ces babioles....
Parfois,j\\\'ai envie de tout donner et ne garder que mon matelas,mes bouquins et mes appareils ménagers ; )...Faire le vide pour enfin respirer...
Mais bon...en attendant,j\\\'ouvre la fenêtre...